Ortie et archerie préhistorique

Archer préhistorique · reconstitution végétale d'une posture

À l’occasion d’une manche du Championnat européen de tir à l’arc préhistorique et de propulseurs se déroulant aux Tumulus de Bougon, nous avons réalisé une reconstitution en orties et bois d’une posture caractéristique d’un archer préhistorique.

Cette œuvre montre véritablement la polyvalence de la grande ortie. En effet, sèche, la tige est rigide ; la structure boisée, nommée anas, peut être utilisée telle quelle. Cette couleur bronze est caractéristique d’un bon et long séchage en extérieur des tiges fraiches (ressuage). Ces tiges sont utilisées ici pour former les membres de notre archer. Les premières coutures sont réalisées avec de la « peau » d’ortie brute obtenue après pelage en phase humide. Le ressuyage de cet ensemble lié permet de mémoriser les formes tout simplement et naturellement.

Les accessoires de l’archer

Tout d’abord son arc est fait d’une branche d’if comme cela est rapporté dans les ouvrages spécialisés. La corde, quant à elle, est faite de fibres d’orties soigneusement cordées et cirées. Ainsi est-elle mise sous tension que les bras maintiennent admirablement. Depuis plus d’un an, elle est particulièrement stable ; cela confirme que les fibres végétales ne sont pas élastiques.

Pour son plastron, nous avons utilisé des fibres jeunes de clématite sauvage. Les protections sur les bras sont des morceaux d’écorces de figuier, trempés dans un fond de cuve à indigo et cousus avec du fil d’ortie. Une pièce d’écorce de bouleau cousue d’ortie constitue le carquois tenu en bandoulière avec une cordelette d’ortie. L’archer est posé sur un morceau de bois gris de châtaignier multiséculaire, ultime touche pour ajouter au charme global.

Un ultime voyage vers les Tumulus de Bougon

Mercredi, un archer des temps (très) anciens a été aperçu parmi les Tumulus de Bougon, vibrant sous la lumière intense de l’astre solaire, ancré dans sa posture d’équilibre et d’arc en tension. Salutations de remise sur ces terres & pierres chargées d’histoire.

Puis, il a rejoint un refuge salvateur à l’espace d’accueil. Cette interprétation végétale, avec un zeste de fantaisie, sortie de l’anonymat, salut désormais les visiteurs.