L’ortie, une histoire avec le fil

stage filage fibres végétales

Les fibres de grande ortie Urtica dioica font du lien avec de lointaines générations, c’est certain tant leur patrimoine fibresque est polyvalent. Elles savent très bien se révéler aptes à être filées. Savoir réaliser du fil a toujours été nécessaire et important : un signe d’autonomie certes et de multiples usages.

C’est ainsi que nous nous sommes rencontrés quelque part en Ardèche, pour mêler nos compétences : filage de laine (fibres protéiques), fibres végétales (libériennes), extraction desdites fibres comme celles du lin et de l’ortie.

Toucher les subtiles fibres d’ortie

Le rouissage au champ nous a montré ses limites tandis que celui en bassin s’avère plus efficace. Dès la récolte en été, il faut immerger complètement les fagots de tiges d’orties dans l’eau. Puis les tiges doivent sécher lentement à l’abri du soleil dans un endroit ventilé.

Ces tiges d’orties rouies se sont alors éclaircies ; cette phase a eu également pour effet de modifier la structure du ciment (lignine) scellant les fibres de cellulose, ensemble.

L’étape de battage des fagots secs peut être optionnelle si le teillage fonctionne. Lors du teillage, l’anas (bois central de la tige), se fragmente en petits morceaux et l’écorce (épiderme) s’écaille.

Un passage aux peignes de densités différentes laisse apercevoir de belles mèches de fibres claires et légèrement brillantes.

Filer des fibres d’orties

L’opération de lissage peut suffire à rendre les fibres souples, parallèles et ouvertes pour peu que le rouissage ait pleinement rempli son rôle. Nous avons exploré le filage avec plusieurs fuseaux (turc et suspendu), pour ma part. J’ai utilisé des fibres que l’on peut qualifier de longues. Il faut être vigilent avec le fuseau à ne pas créer de surtorsion et à conserver un rythme. Ainsi commence la magie du filage de fibres d’orties !

Merci à Diane et Aurélie pour leur professionnalisme.